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		<title>Extraits des cahiers de Mohand Said Lechani</title>
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		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce qui caract&#233;rise le plus les dialectes berb&#232;res, c'est sans contredit leur refus de mourir. Jamais ils ne se sont r&#233;sign&#233;s &#224; dispara&#238;tre. Faisant unit&#233; avec l'&#226;me m&#234;me des habitants qui les parlent, ont r&#233;sist&#233; &#224; tous les assauts. M&#234;me dans les r&#233;gions qui ont subi en permanence les occupations s&#233;culaires des &#233;trangers, m&#234;me lorsque les populations ont adopt&#233; la langue des occupants, ces dialectes ont pu survivre envers et contre tous, sous des formes vari&#233;es. Soit qu'ils aient oblig&#233; les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nedjma.org/-Extraits-de-livres-" rel="directory"&gt;Extraits de livres&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.nedjma.org/local/cache-vignettes/L150xH86/mohand_said_lechani-e3072.png?1777765512' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce qui caract&#233;rise le plus les dialectes berb&#232;res, c'est sans contredit leur refus de mourir. Jamais ils ne se sont r&#233;sign&#233;s &#224; dispara&#238;tre. Faisant unit&#233; avec l'&#226;me m&#234;me des habitants qui les parlent, ont r&#233;sist&#233; &#224; tous les assauts. M&#234;me dans les r&#233;gions qui ont subi en permanence les occupations s&#233;culaires des &#233;trangers, m&#234;me lorsque les populations ont adopt&#233; la langue des occupants, ces dialectes ont pu survivre envers et contre tous, sous des formes vari&#233;es. Soit qu'ils aient oblig&#233; les mots &#233;trangers &#224; adopter les formes de leur moule linguistique, soit qu'ils aient impos&#233; leur survivance sur le terrain, en toponymie par exemple [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aire g&#233;ographique du berb&#232;re reste encore aujourd'hui ce qu'elle &#233;tait autrefois. L'&#226;me des habitants n'a pas chang&#233; non plus. C'est tout juste si, par endroits, elle s'est couverte d'un vernis &#233;tranger qui a tent&#233; de l'&#233;touffer. Mais d&#232;s qu'on gratte un peu, on la retrouve telle qu'elle &#233;tait i y a des si&#232;cles [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#233;ments humains &#233;trangers minoritaires qui sont demeur&#233;s chez nous ont tous &#233;t&#233; assimil&#233;s par le pays. Ils se sont fondus dans notre peuple et font corps avec lui et ont perdu tout caract&#232;re distinctif [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vocabulaire kabyle est suffisamment riche&lt;br class='autobr' /&gt;
pour permettre l'expression de la pens&#233;e et des sentiments avec nuance et pr&#233;cision. Il faut entendre les vieux montagnards de chez nous - ceux en particulier qui ne se sont jamais expatri&#233;s ou qui ne s'absentent que rarement du pays - pour se rendre compte de la richesse de notre langue, de son &#233;l&#233;gance remarquable, de la souplesse de sa syntaxe, de la vari&#233;t&#233; de ses formes, de la sagesse et de la po&#233;sie de ses expressions [...]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cahiers &lt;br class='autobr' /&gt;
Mohand Said Lechani&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Extrait le journal de Mouloud Feraoun</title>
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		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il est superficiel de parler comme font les journaux d'un r&#233;veil de la conscience alg&#233;rienne. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est l&#224; une expression vide de sens. Un homme n'a pas besoin d'avoir &#233;t&#233; &#224; l'&#233;cole pour &#234;tre un homme. Les Alg&#233;riens n'ont pas attendu le XXe si&#232;cle pour se savoir Alg&#233;riens. &lt;br class='autobr' /&gt;
La meilleure preuve c'est que tout de suite on s'est group&#233;s derri&#232;re les lib&#233;rateurs. On s'est group&#233;s parce qu'on s'est cru assez fort pour se battre ou mourir efficacement, on s'est group&#233; parce qu'on esp&#232;re r&#233;ussir et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nedjma.org/-Extraits-de-livres-" rel="directory"&gt;Extraits de livres&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est superficiel de parler comme font les journaux d'un r&#233;veil de la conscience alg&#233;rienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; une expression vide de sens. Un homme n'a pas besoin d'avoir &#233;t&#233; &#224; l'&#233;cole pour &#234;tre un homme. Les Alg&#233;riens n'ont pas attendu le XXe si&#232;cle pour se savoir Alg&#233;riens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La meilleure preuve c'est que tout de suite on s'est group&#233;s derri&#232;re les lib&#233;rateurs. On s'est group&#233;s parce qu'on s'est cru assez fort pour se battre ou mourir efficacement, on s'est group&#233; parce qu'on esp&#232;re r&#233;ussir et non &#224; la suite d'un ph&#233;nom&#232;ne miraculeux qui a ouvert soudainement les yeux, chuchot&#233; aux oreilles le mot magique de patrie, gonfl&#233; le c&#339;ur d'un enthousiasme guerrier, entrain&#233; les foules derri&#232;re un &#233;tendard flamboyant. Non le temps de Jeanne d'Arc est pass&#233; pour l'Alg&#233;rie puisqu'il y'a eu la Kahena. &#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pays &#233;tait &#224; ses enfants et ses enfants ont tout de suite compris que le moment de s'unir &#233;tait arriv&#233;, que la tr&#234;ve s&#233;culaire &#233;tait finie. Pourquoi parler de fanatisme ou de barbarie ? Ils ne sont ni fanatiques ni barbares ceux qui veulent froidement se d&#233;barrasser d'une tutelle lointaine et superbe, ceux qui &#224; l'&#233;chelon local n'ont jamais eu besoin qu'on les organise, qu'on leur donne des le&#231;ons de dignit&#233; ou de civisme, ceux qui n'ont jamais eu besoin de gendarmes et qui n'ont jamais construit de prisons, ceux qui ont toujours plac&#233; leur honneur au-dessus de leur vie. Pourquoi veut-on qu'ils se r&#233;veillent &#224; pr&#233;sent alors qu'ils ne se sont jamais endormis ? Pourquoi les accuserait-on de se renier alors qu'ils sont fid&#232;les &#224; eux-m&#234;mes ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Le journal&lt;br class='autobr' /&gt;
Mouloud Feraoun&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Extrait de Emmanuel Kant</title>
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		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;J'avoue ne pas pouvoir me faire tr&#232;s bien &#224; cette expression dont usent aussi des hommes avis&#233;s : un certain peuple (en train d'&#233;laborer sa libert&#233; l&#233;gale) n'est pas m&#251;r pour la libert&#233; ; les serfs d'un propri&#233;taire terrien ne sont pas encore m&#251;rs pour la libert&#233; ; et de m&#234;me aussi, les hommes ne sont pas encore m&#251;rs pour la libert&#233; de croire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une hypoth&#232;se de ce genre, la libert&#233; ne se produira jamais ; car on ne peut pas m&#251;rir pour la libert&#233;, si l'on n'a pas &#233;t&#233; mis au pr&#233;alable en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nedjma.org/-Extraits-de-livres-" rel="directory"&gt;Extraits de livres&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'avoue ne pas pouvoir me faire tr&#232;s bien &#224; cette expression dont usent aussi des hommes avis&#233;s : un certain peuple (en train d'&#233;laborer sa libert&#233; l&#233;gale) n'est pas m&#251;r pour la libert&#233; ; les serfs d'un propri&#233;taire terrien ne sont pas encore m&#251;rs pour la libert&#233; ; et de m&#234;me aussi, les hommes ne sont pas encore m&#251;rs pour la libert&#233; de croire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une hypoth&#232;se de ce genre, la libert&#233; ne se produira jamais ; car on ne peut pas m&#251;rir pour la libert&#233;, si l'on n'a pas &#233;t&#233; mis au pr&#233;alable en libert&#233; (il faut &#234;tre libre pour pouvoir se servir utilement de ses forces dans la libert&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers essais en seront sans doute grossiers, et li&#233;s d'ordinaire &#224; une condition plus p&#233;nible et plus dangereuse que lorsqu'on se trouvait encore sous les ordres, mais aussi sous la pr&#233;voyance d'autrui ; cependant jamais on ne m&#251;rit pour la raison autrement que gr&#226;ce &#224; ses tentatives personnelles (qu'il faut &#234;tre libre de pouvoir entreprendre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne fais pas d'objection &#224; ce que ceux qui d&#233;tiennent le pouvoir renvoient encore loin, bien loin, oblig&#233;s par les circtonstances, le moment d'affranchir les hommes de ces trois cha&#238;nes. Mais, &#233;riger en principe que la libert&#233; ne vaut rien d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale pour ceux qui leur sont assujettis et qu'on ait le droit de les en &#233;carter toujours, c'est l&#224; une atteinte aux droits r&#233;galiens de la divinit&#233; elle-m&#234;me qui a cr&#233;&#233; l'homme pour la libert&#233;. Il est plus commode &#233;videmment de r&#233;gner dans l'&#201;tat, la famille et l'&#201;glise quand on peut faire aboutir un pareil principe. Mais est-ce aussi plus juste ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Emmanuel Kant&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Extrait &#034;L'&#226;ne d'or&#034;</title>
		<link>https://www.nedjma.org/Extrait-L-ane-d-or</link>
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		<dc:date>2025-10-18T02:27:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;D&#232;s que la nuit se fut dissip&#233;e et qu'un nouveau soleil eut ramen&#233; le jour, je dis adieu au sommeil et au lit, avec cette curiosit&#233; f&#233;brile d'un amateur du merveilleux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, me disais-je, me voici dans cette Thessalie, terre natale de l'art magique, et qui fait tant de bruit dans le monde par ses prodiges. C'est donc ici que s'est pass&#233; tout ce que ce bon Aristom&#232;ne nous a cont&#233; en route ! J'&#233;prouvais je ne sais quel d&#233;sir vague et inquiet, et je promenais de toutes parts mes regards (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nedjma.org/-Extraits-de-livres-" rel="directory"&gt;Extraits de livres&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s que la nuit se fut dissip&#233;e et qu'un nouveau soleil eut ramen&#233; le jour, je dis adieu au sommeil et au lit, avec cette curiosit&#233; f&#233;brile d'un amateur du merveilleux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, me disais-je, me voici dans cette Thessalie, terre natale de l'art magique, et qui fait tant de bruit dans le monde par ses prodiges. C'est donc ici que s'est pass&#233; tout ce que ce bon Aristom&#232;ne nous a cont&#233; en route ! J'&#233;prouvais je ne sais quel d&#233;sir vague et inquiet, et je promenais de toutes parts mes regards scrutateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul objet ne se pr&#233;sentait &#224; ma vue, que je ne le prisse pour autre que ce qu'il &#233;tait. Tout me semblait m&#233;tamorphose. Dans les pierres, les oiseaux, les arbres du Pom&#233;rium, les fontaines de la ville, je voyais autant de cr&#233;atures humaines, transmu&#233;es par la vertu des fatales paroles. Le charme avait p&#233;trifi&#233; les uns, emplum&#233; les autres, command&#233; &#224; ceux-ci de pousser des feuilles, &#224; ceux-l&#224; de faire jaillir l'eau du fond de leurs veines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semblait que des statues allaient marcher, les murailles parler, le b&#233;tail pr&#233;dire, et que, de la vo&#251;te des cieux, le soleil lui-m&#234;me allait prononcer des oracles. J'allais et venais, frapp&#233; de stupeur, tortur&#233; par l'attente ; sans apercevoir m&#234;me un commencement de r&#233;alisation de toute cette fantasmagorie. Enfin, tout en errant de porte en porte, me dandinant comme un d&#233;s&#339;uvr&#233; et marchant en zigzag comme un homme ivre, je me trouvai insensiblement au milieu du march&#233;. Une dame passait, avec un nombreux cort&#232;ge de domestiques. Je h&#226;tai le pas pour la joindre. Le luxe de ses pierreries, et l'or qui brillait sur ses v&#234;tements, ici en tissu, l&#224; en broderie, annon&#231;aient une dame de haut parage. Elle avait &#224; ses c&#244;t&#233;s un homme d'&#226;ge 19 avanc&#233;, qui s'&#233;cria en m'apercevant : Eh ! oui, c'est bien Lucius ! L&#224;-dessus, il m'embrasse ; et marmottant je ne sais quoi &#224; l'oreille de la dame : Approchez donc, me dit-il, et saluez votre m&#232;re.Qui ? moi ? r&#233;pondis-je ; je ne connais pas cette dame....&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Apul&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#226;ne d'or ou les m&#233;tamorphoses&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Extrait &#034;Les fr&#232;res Karamazov&#034;</title>
		<link>https://www.nedjma.org/Extrait-Les-freres-Karamazov</link>
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		<dc:date>2025-10-18T02:03:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#034;&#8212; Tu retombes dans la philosophie ? dit Ivan, les dents serr&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
-- Que Dieu m'en pr&#233;serve ! Mais on ne peut s'emp&#234;cher de se plaindre parfois. Je suis calomni&#233;. Tu me traites &#224; tout moment d'imb&#233;cile. On voit bien que tu es un jeune homme. Mon ami, il n'y a pas que l'esprit. J'ai re&#231;u de la nature un c&#339;ur bon et gai, &#171; j'ai aussi compos&#233; des vaudevilles &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tu me prends, je crois, pour un vieux Khlestakov, mais ma destin&#233;e est bien plus s&#233;rieuse. Par une sorte de d&#233;cret inexplicable, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nedjma.org/-Extraits-de-livres-" rel="directory"&gt;Extraits de livres&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.nedjma.org/local/cache-vignettes/L150xH122/extrait-dostoivski-2-f3b4e.png?1777765512' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='122' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#034;&#8212; Tu retombes dans la philosophie ? dit Ivan, les dents serr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Que Dieu m'en pr&#233;serve ! Mais on ne peut s'emp&#234;cher de se plaindre parfois. Je suis calomni&#233;. Tu me traites &#224; tout moment d'imb&#233;cile. On voit bien que tu es un jeune homme. Mon ami, il n'y a pas que l'esprit. J'ai re&#231;u de la nature un c&#339;ur bon et gai, &#171; j'ai aussi compos&#233; des vaudevilles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu me prends, je crois, pour un vieux Khlestakov, mais ma destin&#233;e est bien plus s&#233;rieuse. Par une sorte de d&#233;cret inexplicable, j'ai pour mission de &#171; nier &#187; ; pourtant je suis fonci&#232;rement bon et inapte &#224; la n&#233;gation. &#171; Non, il faut que tu nies ! Sans n&#233;gation, pas de critique, et que deviendraient les revues, sans la critique ? Il ne resterait plus qu'un hosanna.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour la vie cela ne suffit pas, il faut que cet hosanna passe par le creuset du doute, etc. &#187; D'ailleurs, je ne me m&#234;le pas de tout &#231;a, ce n'est pas moi qui ai invent&#233; la critique, je n'en suis pas responsable. J'ai servi de bouc &#233;missaire, on m'a oblig&#233; &#224; faire de la critique, et la vie commen&#231;a. Mais moi, qui comprends le sel de la com&#233;die, j'aspire au n&#233;ant. &#171; Non, il faut que tu vives, me r&#233;plique-t-on, car sans toi rien n'existerait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tout &#233;tait raisonnable sur la terre, il ne s'y passerait rien. Sans toi, pas d'&#233;v&#233;nements ; or, il faut des &#233;v&#233;nements. &#187; Je remplis donc ma mission, bien &#224; contrec&#339;ur, pour susciter des &#233;v&#233;nements, et je r&#233;alise l'irrationnel, par ordre. Les gens prennent cette com&#233;die au s&#233;rieux, malgr&#233; tout leur esprit. C'est pour eux une trag&#233;die. Ils souffrent, &#233;videmment&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, il vivent, d'une vie r&#233;elle et non imaginaire, car la souffrance, c'est la vie. Sans la souffrance, quel plaisir offrirait-elle ? Tout ressemblerait &#224; un Te Deum interminable ; c'est saint, mais bien ennuyeux. Et moi ? Je souffre, et pourtant je ne vis pas. Je suis l'x d'une &#233;quation inconnue. Je suis le spectre de la vie, qui a perdu la notion des choses et oublie jusqu'&#224; son nom. Tu ris&#8230; non, tu ne ris pas, tu te f&#226;ches encore, comme toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il te faudrait toujours de l'esprit ; or, je te le r&#233;p&#232;te, je donnerais toute cette vie sid&#233;rale, tous les grades, tous les honneurs, pour m'incarner dans l'&#226;me d'une marchande ob&#232;se et faire br&#251;ler des cierges &#224; l'&#233;glise.&lt;br class='autobr' /&gt;
(...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tu veux, j'ai la m&#234;me philosophie que toi, c'est vrai. Je pense, donc je suis, voil&#224; ce qui est s&#251;r ; quand au reste, quant &#224; tous ces mondes, Dieu et Satan lui-m&#234;me, tout cela ne m'est pas prouv&#233;. Ont-ils une existence propre, ou est-ce seulement une &#233;manation de moi, le d&#233;veloppement successif de mon moi, qui existe temporellement et personnellement ?&#8230; Je m'arr&#234;te, car j'ai l'impression que tu vas me battre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Fiodor Dosto&#239;evski&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Les fr&#232;res Karamazov&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Extrait &#034;la solitude lumineuse&#034;</title>
		<link>https://www.nedjma.org/Extrait-la-solitude-lumineuse</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nedjma.org/Extrait-la-solitude-lumineuse</guid>
		<dc:date>2025-10-18T01:58:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#034;Les castes avaient class&#233; la population indienne en une sorte de Colis&#233;e parall&#233;l&#233;pip&#233;dique aux galeries superpos&#233;es et au sommet duquel si&#233;geaient les dieux. Les Anglais maintenaient de leur c&#244;t&#233; leur hi&#233;rarchie, qui partait du modeste gar&#231;on de magasin, passait par les professionnels et les intellectuels, continuait avec les exportateurs et culminait avec cette terrasse du syst&#232;me o&#249; s'asseyaient confortablement les aristocrates du Civil Service et les banquiers de l'empire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nedjma.org/-Extraits-de-livres-" rel="directory"&gt;Extraits de livres&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.nedjma.org/local/cache-vignettes/L150xH82/solitude_lumineuse-41a14.png?1777765512' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#034;Les castes avaient class&#233; la population indienne en une sorte de Colis&#233;e parall&#233;l&#233;pip&#233;dique aux galeries superpos&#233;es et au sommet duquel si&#233;geaient les dieux. Les Anglais maintenaient de leur c&#244;t&#233; leur hi&#233;rarchie, qui partait du modeste gar&#231;on de magasin, passait par les professionnels et les intellectuels, continuait avec les exportateurs et culminait avec cette terrasse du syst&#232;me o&#249; s'asseyaient confortablement les aristocrates du Civil Service et les banquiers de l'empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux mondes ne frayaient point ensemble. Les natifs ne pouvaient pas entrer dans les lieux destin&#233;s aux Anglais et les Anglais vivaient &#224; l'&#233;cart de la vibration du pays. Une telle situation me valut des probl&#232;mes. Mes amis britanniques me virent dans un v&#233;hicule baptis&#233; gharry, une voiturette sp&#233;cialis&#233;e dans le rendez-vous galant et &#233;ph&#233;m&#232;re, et me firent aimablement remarquer qu'un consul ne devrait en aucun cas recourir &#224; ce genre de transport. Ils me somm&#232;rent aussi de ne pas m'asseoir dans un restaurant iranien, un endroit pourtant plein de vie et o&#249; je prenais le meilleur th&#233; du monde dans de petites tasses transparentes. Ce furent-l&#224; leurs derni&#232;res semonces, apr&#232;s cela, ils cess&#232;rent de me saluer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur boycottage me rendit heureux. Ces Europ&#233;ens pleins de pr&#233;jug&#233;s n'&#233;taient pas tr&#232;s int&#233;ressants &#224; mon go&#251;t et puis je n'&#233;tais pas venu en Orient pour vivre avec des colonisateurs de passage mais avec les h&#233;ritiers de ce monde ancien, avec cette grande et infortun&#233;e famille humaine.&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pablo Neruda&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La solitude lumineuse&#034;, pp. 32-33&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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