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		<title>La pens&#233;e de Saint Augustin : r&#233;sum&#233; clair, id&#233;es principales et influence</title>
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&lt;p&gt;La philosophie d'Augustin est une &#233;lucidation de la r&#233;alit&#233; humaine &#224; la lumi&#232;re de la foi chr&#233;tienne. L'homme est faible, mais il porte au fond de son &#226;me la trace de Dieu. Il s'agit pour lui d'entendre et de r&#233;pondre &#224; cet appel. C'est en nous effor&#231;ant de rejoindre le divin au fond de nous-m&#234;mes, c'est-&#224;-dire en nous unissant &#224; Dieu par la foi, que nous acc&#233;derons &#224; la v&#233;rit&#233; et &#224; la sagesse. C'est donc &#224; une forme d'introspection qu'Augustin nous convie, dans la droite ligne du souci de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nedjma.org/-Philosophie-" rel="directory"&gt;Philosophie &lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.nedjma.org/local/cache-vignettes/L150xH100/planche_saint_augustin-f3729.png?1778302292' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;La pens&#233;e de Saint Augustin&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La philosophie d'Augustin est une &#233;lucidation de la r&#233;alit&#233; humaine &#224; la lumi&#232;re de la foi chr&#233;tienne. L'homme est faible, mais il porte au fond de son &#226;me la trace de Dieu. Il s'agit pour lui d'entendre et de r&#233;pondre &#224; cet appel. C'est en nous effor&#231;ant de rejoindre le divin au fond de nous-m&#234;mes, c'est-&#224;-dire en nous unissant &#224; Dieu par la foi, que nous acc&#233;derons &#224; la v&#233;rit&#233; et &#224; la sagesse. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est donc &#224; une forme d'introspection qu'Augustin nous convie, dans la droite ligne du souci de l'&#226;me h&#233;rit&#233; de Platon et du christianisme. La r&#233;flexion augustinienne s'articule autour de plusieurs th&#232;mes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; le d&#233;sir et son objet ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; le temps et l'&#233;ternit&#233; ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; la libert&#233; et la gr&#226;ce ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; la foi et la raison.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LE D&#201;SIR ET SON OBJET &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les amours terrestres Chez Augustin, c'est d'abord la vie qui force &#224; philosopher, car l'amour de la sagesse ne s'&#233;veille que dans une &#226;me qui souffre d'en &#234;tre priv&#233;. Le mal qu'endure Augustin lui-m&#234;me, comme il l'explique dans ses Confessions, c'est le d&#233;sir de la chair dans lequel il s'est jet&#233; sans scrupule : &#171; J'aimais &#224; aimer &#187;, se souvient-il. Insatiable, ce d&#233;sir se creuse comme un ventre o&#249; l'app&#233;tit renait interminablement. Ainsi, les volupt&#233;s de l'amour charnel, les nourritures terrestres, ne - 11 satisfont pas l'&#226;me humaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Augustin en a fait l'am&#232;re exp&#233;rience. L'&#226;me d&#233;sire &#224; la fois plus, autre chose et autrement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; plus, car son d&#233;sir est infini, tandis que les &#234;tres ici-bas sont finis, c'est-&#224;-dire qu'ils se corrompent ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; autre chose, car l'&#226;me est incorporelle, tandis que les d&#233;lices de la chair sont corporels ;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; autrement, car elle est &#224; l'image de Dieu, non de l'animal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manque de Dieu Selon le philosophe, l'&#226;me est rong&#233;e par un manque d&#233;vorant de quelque chose. Mais de quoi au juste ? Non pas des autres, comme Augustin l'a cru d'abord, mais de l'Autre, &#224; savoir Dieu. En nous, le d&#233;sir infini appelle un &#234;tre lui-m&#234;me infini. Nous avons soif d'absolu. Plus pr&#233;cis&#233;ment, ce qui tourmente l'&#226;me, c'est un manque de Dieu qui manque Dieu. En effet, ce manque &#171; manque &#187; son objet, passe &#224; c&#244;t&#233;, parce que l'&#226;me cherche hors d'elle-m&#234;me, dans la chair, ce qui r&#233;side en elle-m&#234;me, dans la foi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Augustin ne condamne donc pas le d&#233;sir, il ne condamne que le d&#233;tournement du d&#233;sir de l'&#226;me vers les objets mat&#233;riels corruptibles et corrupteurs. En ne comprenant pas son propre d&#233;sir, en se laissant d&#233;passer par lui, submerger par sa puissance, l'&#226;me humaine s'&#233;loigne d'elle-m&#234;me et donc de Dieu. En recherchant l'union avec les corps, elle se cherche o&#249; elle n'est pas, puisqu'elle est incorporelle. D&#232;s - 12 lors, elle ne co&#239;ncide jamais avec elle-m&#234;me et ne peut vivre que dans l'erreur et la d&#233;ception. . Le d&#233;sir est un appel qu'il ne faut pas seulement vivre, mais aussi comprendre. Or seule la foi le permet. Ainsi, Augustin insiste sur la n&#233;cessit&#233; d'une &#171; conversion &#187;, d'un virage dans l'existence : il faut convertir le mouvement de l'&#226;me qui l'&#233;gare hors d'elle-m&#234;me en mouvement qui la ram&#232;ne en elle-m&#234;me. &#171; Redi in te &#187;, dit Augustin : &#171; Rentre en toi m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA M&#201;MOIRE, LE TEMPS ET L'&#201;TERNIT&#201;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;moire Rentrer en soi-m&#234;me pour s'examiner, c'est d'abord d&#233;couvrir que l'esprit est m&#233;moire. Ces &#171; vastes palais &#187; int&#233;rieurs qui rec&#232;lent des &#171; tr&#233;sors &#187; de souvenirs &#233;mer veillent Augustin. Ce qui est fascinant selon lui dans l'acte de se souvenir, c'est que l'esprit cherche et anticipe ce qu'il connait d&#233;j&#224;. Se rem&#233;morer, c'est &#224; la fois chercher &#224; com bler un manque (l'oubli) tout en sachant malgr&#233; tout d&#233;j&#224;, en quelque sorte, ce qu'on cherche, paradoxe longuement examin&#233; par Platon (M&#233;non). Augustin y voit, comme son pr&#233;d&#233;cesseur, le mod&#232;le de toute connaissance : connaitre, c'est reconnaitre et donc se souvenir. L'examen de la m&#233;moire fait apparaitre la nature de l'&#226;me : celle-ci attend le futur, est attentive au pr&#233;sent et se sou vient du pass&#233; (citation 2).- 13 Le temps L'examen de la m&#233;moire montre ainsi que l'&#226;me entretient un rapport &#233;troit au temps. Aussi, comme le souligne le philosophe, notre notion du temps semble-t-elle aussi &#233;vidente qu'insaisissable : intuitivement, tout le monde sait ce que c'est, mais personne ne semble capable de le d&#233;finir (citation 3). Quel est l'&#234;tre du temps ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Pass&#233;, il n'est plus. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Futur, il n'est pas encore. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Pr&#233;sent, il n'est qu'&#171; un point &#233;vanescent &#187; qui fuit dans le pass&#233;, qui disparait d&#232;s l'instant o&#249; il apparait. Quelle est donc la r&#233;alit&#233; de ces trois dimensions ? Celle que notre &#226;me leur pr&#234;te :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; le pass&#233; n'est que dans l'&#226;me qui se souvient ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; le futur, dans l'&#226;me qui l'attend ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; le pr&#233;sent, dans l'attention qu'elle lui porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, le temps n'a de r&#233;alit&#233; que dans l'&#226;me qui le pense, dans la conscience de l'homme, seule capable d'interagir avec lui. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pass&#233; et le futur ne sont que des re pr&#233;sentations pr&#233;sentes de l'esprit : trois temps coexistent en nous (pass&#233;, pr&#233;sent et futur). Contrairement &#224; ce que pensent Platon ou Aristote, il n'a donc rien d'objectif, d'ex t&#233;rieur &#224; nous. Le temps, c'est l'exp&#233;rience d'une dur&#233;e, une distension de l'&#226;me, donc une r&#233;alit&#233; subjective (citation 4). L'&#233;ternit&#233; Toutefois, le temps, cet &#233;coulement du devenir, n'a pas - 14 la perfection de l'immobile &#233;ternit&#233;, toujours identique &#224; elle-m&#234;me. Ainsi, Augustin oppose le temps humain &#224; l'&#233;ternit&#233; de Dieu, qui se situe hors du temps. En effet, celui-ci a cr&#233;&#233; le monde et le temps de mani&#232;re simultan&#233;e, ce qui signifie qu'on ne peut concevoir un temps en dehors de la cr&#233;ation. Cependant, le temps humain n'est pas, comme pour Platon, la regrettable d&#233;gradation d'une &#233;ternit&#233; perdue, mais une distension qui ouvre &#224; l'homme la possibilit&#233; de cheminer vers Dieu. D&#232;s lors, le temps est passage : en passant, il offre &#224; l'homme un passage vers l'&#234;tre en qui rien ne s'&#233;coule et o&#249; le temps se fige en &#233;ternit&#233;. Rentrer en soi-m&#234;me, c'est donc faire l'exp&#233;rience surnatu relle d'une ouverture vers un Autre que soi. Hors de nous, nous d&#233;couvrons l'ext&#233;riorit&#233; relative du monde sensible, au-dedans de nous, nous d&#233;couvrons l'ext&#233;riorit&#233; abso lue de Dieu. L'int&#233;riorit&#233; n'est pas ferm&#233;e sur elle-m&#234;me, elle donne acc&#232;s &#224; la v&#233;ritable ext&#233;riorit&#233; (citation 5). Toutefois, Augustin maintient fermement l'&#233;cart et la dis sym&#233;trie entre l'homme et Dieu, ce qui lui permet de penser la libert&#233; et le mal.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA LIBERT&#201; ET LA GR&#194;CE &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La question du mal et du p&#233;ch&#233; Si Dieu est tout puissant et parfaitement bon, comment expliquer l'existence du mal ? Face &#224; cette redoutable question qui passionne et inqui&#232;te toute la th&#233;ologie chr&#233;tienne, Augustin &#233;pouse un temps la position des - 15 manich&#233;ens. En posant l'existence d'une divinit&#233; du mal distincte et ind&#233;pendante du Dieu bon des &#201;critures, on par vient &#224; dissiper le myst&#232;re. Mais le philosophe abandonne bient&#244;t cette interpr&#233;tation insatisfaisante. Car Dieu est un, tout-puissant et bon. Par cons&#233;quent, l'origine du mal est dans la seule volont&#233; de l'homme, suffisamment libre pour errer et commettre le p&#233;ch&#233;. Les tentations sont innombrables et la volont&#233; est faible. Assaillie de toutes parts, elle se laisse ais&#233;ment corrompre. Le c&#233;l&#232;bre &#233;pisode du vol des poires que relate Augustin dans ses Confessions constitue &#224; cet &#233;gard une analyse exemplaire de la conscience fautive. Dieu a cr&#233;&#233; l'homme libre. Mais Augustin ne l'entend pas comme les p&#233;lagiens : selon lui, le p&#233;ch&#233; d'Adam a corrompu notre libre arbitre, soit notre capacit&#233; &#224; choisir en toute ind&#233;pendance, d&#233;gag&#233;e de toute contrainte. Sans l'aide de Dieu, sans la faveur de sa gr&#226;ce, l'homme n'a pas la force de choisir le bien. Par ailleurs, quoi que nous fassions pour tenter de gagner cette gr&#226;ce, Dieu reste parfaitement maitre de la dispenser comme bon lui semble parmi les hommes. Ses voies restent &#224; cet &#233;gard imp&#233;n&#233;trables et sa souverainet&#233; absolue. Seuls quelques &#233;lus b&#233;n&#233;ficient d'une pr&#233;destination au salut : autrement dit, seuls quelques-uns sont pr&#233;destin&#233;s de toute &#233;ternit&#233; &#224; recevoir la gr&#226;ce divine. L'analyse augustinienne du mal et du p&#233;ch&#233; permet de r&#233;soudre les contradictions qui d&#233;chiraient les penseurs chr&#233;tiens :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; la bont&#233; et la toute-puissance de Dieu sont pr&#233;serv&#233;es ;- 16 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; la libert&#233; humaine et la pr&#233;destination divine sont accord&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux cit&#233;s De l'&#233;lucidation de la libert&#233; humaine au regard du mal et du p&#233;ch&#233; r&#233;sulte une conception de la politique qu'Augustin pr&#233;cise dans La Cit&#233; de Dieu. Ce qui est vrai de l'individu l'est de la communaut&#233; toute enti&#232;re : il n'est point de justice dans la cit&#233; des hommes sans le secours de Dieu et la soumission &#224; ses saints d&#233;crets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le sens de la parole du Christ : &#171; Mon royaume n'est pas de ce monde. &#187; (&#201;p&#238;tre de Jean, 18.33-37) Coexistent ainsi dans l'histoire deux cit&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; la cit&#233; terrestre, d'une part, qui ne connait que l'ob&#233;is sance aux lois humaines et o&#249; r&#232;gne l'amour de soi, voire le m&#233;pris de Dieu ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; la cit&#233; c&#233;leste, d'autre part, qui ne connait que le com mandement de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tourn&#233; vers le Christ, son seul roi, le citoyen y cultive l'amour de Dieu, au point de se m&#233;priser lui-m&#234;me. C'est ce qui d&#233;finit chez Augustin l'amour de charit&#233;, c'est-&#224;-dire l'amour parfaitement d&#233;sint&#233;ress&#233; du prochain et de Dieu (citation 6). C'est la communaut&#233; des Justes par-del&#224; les fronti&#232;res. Exil&#233;e sur la terre, cette cit&#233; ne se s&#233;parera de la cit&#233; terrestre et ne prendra toute sa mesure qu'apr&#232;s la mort du fid&#232;le et son entr&#233;e dans le royaume de Dieu. Tandis que le bonheur ici-bas apparait instable et illusoire, la vie au royaume de Dieu est synonyme de b&#233;atitude - 17 &#233;ternelle. Ainsi, selon Augustin, l'existence terrestre ne peut jamais &#234;tre heureuse et il faut attendre la vie future pour connaitre le vrai bonheur. En cons&#233;quence, l'histoire acquiert d&#233;sormais un sens : elle est porteuse d'une esp&#233; rance, celle du salut dans la s&#233;paration de l'&#226;me avec la chair et de la cit&#233; c&#233;leste avec la Terre&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA FOI ET LA RAISON &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le maitre int&#233;rieur Philosopher, pour Augustin, consiste en un effort d'&#233;lucida tion du sens de la vie humaine illumin&#233; par la foi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; le cheminement int&#233;rieur qui nous conduit pas &#224; pas vers la sagesse franchit d'abord l'obstacle du d&#233;sir sensible ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; puis, se tournant vers elle-m&#234;me, l'&#226;me se comprend comme m&#233;moire et enfin comme &#171; intellection &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car pour qu'il y ait m&#233;moire, il faut qu'existe un &#234;tre qui se rem&#233;more. Cet acte d'attention par lequel nous saisis sons soudain que nous sommes un &#234;tre pensant, c'est l&#224; ce qu'Augustin appelle intellection. Mais, contrairement &#224; ce qu'en dira plus tard Ren&#233; Descartes (1596-1650), le moi qui pense n'est pas le fondement des v&#233;rit&#233;s qu'il cherche. Seul Dieu r&#233;pond &#224; l'appel que la pens&#233;e lui lance et est source du vrai. La raison a besoin de la foi pour l'&#233;clairer (citation 7). Platon avait raison : la pens&#233;e n'est rien d'autre que le dialogue de l'&#226;me avec elle-m&#234;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais Augustin pr&#233;cise : ce dialogue est un rapport de l'&#226;me avec le &#171; maitre int&#233;&#8212; 18 rieur &#187; log&#233; au fond d'elle-m&#234;me, au plus intime de son &#234;tre. En lui, nous reconnaissons le Verbe de Dieu qui r&#233;sonne dans l'intimit&#233; du c&#339;ur, habit&#233; par la foi, et verse dans l'&#226;me la lumi&#232;re qui la guide. La pratique du soliloque (du dialogue int&#233;rieur) fait de la pens&#233;e un v&#233;ritable exercice spirituel. Connaitre, c'est sortir de l'oubli de Dieu o&#249; le p&#233;ch&#233; nous a plong&#233;, en retrouvant la trace de Dieu en nous. Plus simplement, connaitre, c'est se ressouvenir. La &#171; pr&#233;c&#233;dence &#187; de la foi La pens&#233;e est donc tout sauf un exercice solitaire ferm&#233; sur lui-m&#234;me. Penser, c'est au contraire faire l'exp&#233;rience qu'il y a au fond de nous un &#234;tre qui nous d&#233;passe infiniment et dont on d&#233;pend absolument. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s lors, l'exercice de la raison humaine est st&#233;rile et or gueilleux quand il refuse de s'appuyer sur la foi. Qu'est-ce en effet que la raison sans la foi ? Rien de plus qu'une facult&#233; de former &#224; l'aveuglette des raisonnements. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi serait-ce trop accorder &#224; notre faible raison que d'en faire l'instru ment exclusif de la connaissance. C'est &#224; la foi de chercher Dieu et de recueillir son message annonc&#233; par le Christ. Il ne faut donc pas s'en tenir, comme le crurent les philosophes pa&#239;ens, &#224; la raison, mais interroger la raison de la raison. Or, la raison d'&#234;tre de la raison, ce qui lui donne son &#234;tre, son sens et sa valeur, c'est la foi qu'elle a pour t&#226;che de m&#233;diter inlassablement afin d'en d&#233;gager le sens, non de se substituer &#224; elle. La philosophie ne devient amour de la sagesse que lorsqu'elle d&#233;passe l'amour de soi d'une raison qui n'a d'yeux que pour elle-m&#234;me et qui oublie l'&#202;tre - 19 transcendant en qui elle r&#233;side.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;BON &#192; SAVOIR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foi d&#233;signe le rapport subjectif de confiance (en latin fides) qui lie le fid&#232;le &#224; une ou plusieurs divinit&#233;s. Avec Augustin, on la distingue de la simple croyance en ceci qu'elle ne s'appuie sur aucune raison : elle est une adh&#233;sion inconditionnelle &#224; un contenu de pens&#233;e r&#233;v&#233;l&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Eric Fourcassier&lt;br class='autobr' /&gt;
Comprendre la philosophie&lt;br class='autobr' /&gt;
Le petit philosophe&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Philosophie et religion chez Averro&#232;s </title>
		<link>https://www.nedjma.org/Philosophie-et-religion-chez-Averroes</link>
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		<dc:date>2026-02-26T23:25:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



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&lt;p&gt;Dans ses textes qui traitent de la relation entre la sagesse philosophique et la religion, Averro&#232;s d&#233;veloppe deux id&#233;es centrales : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; la premi&#232;re est que la v&#233;rit&#233; philosophique ne contredit pas la v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; la seconde est que la d&#233;monstration rationnelle est le moyen le plus s&#251;r d'atteindre la v&#233;rit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La &#171; double v&#233;rit&#233; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; La th&#233;orie de la &#171; double v&#233;rit&#233; &#187; est attribu&#233;e &#224; Averro&#232;s par les philosophes chr&#233;tiens, mais il s'agit en fait d'une erreur d'interpr&#233;tation. Selon (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.nedjma.org/-Philosophie-" rel="directory"&gt;Philosophie &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.nedjma.org/local/cache-vignettes/L150xH100/planche_averroes-af0c1.png?1778323821' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans ses textes qui traitent de la relation entre la sagesse philosophique et la religion, Averro&#232;s d&#233;veloppe deux id&#233;es centrales :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; la premi&#232;re est que la v&#233;rit&#233; philosophique ne contredit pas la v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; la seconde est que la d&#233;monstration rationnelle est le moyen le plus s&#251;r d'atteindre la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La &#171; double v&#233;rit&#233; &#187; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie de la &#171; double v&#233;rit&#233; &#187; est attribu&#233;e &#224; Averro&#232;s par les philosophes chr&#233;tiens, mais il s'agit en fait d'une erreur d'interpr&#233;tation. Selon certains commentateurs, Averro&#232;s admettrait qu'il existe deux v&#233;rit&#233;s : l'une philosophique et l'autre religieuse. Or, pour le philosophe musulman, il n'existe qu'une seule v&#233;rit&#233; mais diff&#233;rents moyens d'y parvenir. La v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e de la religion et la v&#233;rit&#233; rationnelle de la philosophie ne sont que deux expressions diff&#233;rentes d'une seule v&#233;rit&#233; (citation 2). L'intention d'Averro&#232;s lorsqu'il r&#233;dige Le Discours d&#233;cisif est de d&#233;fendre le droit &#224; utiliser les raisonnements d&#233;monstratifs rationnels dans la recherche de la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne d&#233;fend pas l'id&#233;e que la v&#233;rit&#233; obtenue par les raisonnements d&#233;monstratifs a plus de valeur que la v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e, mais il soutient que l'homme, &#233;tant dou&#233; de raison, doit en faire usage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le recours &#224; la raison vient selon lui consolider la v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e parce que la d&#233;monstration aboutit aux m&#234;mes conclusions. En somme, Averro&#232;s ne cherche pas &#224; d&#233;montrer la primaut&#233; de la philosophie sur la religion ou &#224; opposer les deux. Il cherche plut&#244;t &#224; d&#233;fendre la pratique de la philosophie au sein de la pens&#233;e islamique. De la d&#233;monstration comme moyen d'acc&#233;der &#224; la v&#233;rit&#233; Selon Averro&#232;s, il existe trois formes de raisonnements :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; la rh&#233;torique, qui est l'art du discours ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; la dialectique, qui d&#233;signe la d&#233;duction d'une conclusion d'apr&#232;s des pr&#233;misses probables (approximations) ; &#8226; la d&#233;monstration, qui est la forme la plus noble du raisonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la d&#233;duction d'une conclusion d'apr&#232;s des pr&#233;misses v&#233;rifi&#233;es (vraies), ce qu'on appelle le syllogisme.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;BON &#192; SAVOIR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syllogisme est d&#233;crit par Aristote dans La Logique. Il s'agit d'un raisonnement logique qui permet de d&#233;duire une conclusion &#224; partir de deux &#233;nonc&#233;s appel&#233;s les &#171; pr&#233;misses &#187; : &#171; Tous les hommes sont mortels. Or Socrate est un homme. Donc Socrate est mortel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il existe aussi trois cat&#233;gories d'hommes auxquelles correspondent ces formes de raisonnement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; les hommes incapables d'interpr&#233;tation, c'est-&#224;-dire incapables de penser par eux-m&#234;mes, &#224; qui conviennent les raisonnements rh&#233;toriques. Il s'agit de leur enseigner le Coran par le discours, au moyen d'all&#233;gories et d'exemples, car ils sont uniquement influenc&#233;s par les mots ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; les hommes capables d'interpr&#233;tation mais qui se contentent de raisonnements dialectiques. Ceux-ci constituent les outils qu'utilisent les th&#233;ologiens pour &#233;tablir leurs arguments, mais ils n'aboutissent en aucun cas &#224; des v&#233;rit&#233;s &#233;tablies. Le raisonnement dialectique ne produit en effet que des opinions ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; les hommes d'interpr&#233;tation certaine, qui sont capables de philosopher, c'est-&#224;-dire de produire des raisonnements d&#233;monstratifs, uniques portes d'acc&#232;s &#224; la v&#233;rit&#233;. Lorsqu'il s'agit de produire une connaissance sur le monde et sur la r&#233;v&#233;lation, le meilleur moyen est en effet de faire usage de la d&#233;monstration, qui seule conduit &#224; une connaissance certaine&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'obligation de faire usage de la raison &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans Le Discours d&#233;cisif, Averro&#232;s examine d'un point de vue juridique, donc de conformit&#233; &#224; la loi r&#233;v&#233;l&#233;e, la question de savoir si la pratique de la philosophie est autoris&#233;e. Il en arrive aux conclusions suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; il y a dans le Coran des versets qui imposent l'usage de la raison. Ceux parmi les hommes qui ont la capacit&#233; de raisonner sont invit&#233;s &#224; le faire ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; l'examen rationnel du monde et des &#234;tres doit faire usage du syllogisme ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; il faut connaitre la pens&#233;e des Anciens (par exemple des philosophes grecs) sur les choses qui concernent le monde ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; il n'y a pas de contradiction entre la raison et le texte r&#233;v&#233;l&#233; (le Coran) (citation 4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Averro&#232;s en d&#233;duit que l'usage de la raison n'est pas contraire &#224; la religion. Au contraire, la m&#233;thode d&#233;monstrative est m&#234;me encourag&#233;e par la religion.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'interpr&#233;tation &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a cependant certains cas o&#249; l'examen d&#233;monstratif conduit &#224; des contradictions avec le texte r&#233;v&#233;l&#233;. Il faut alors approfondir l'examen rationnel et interpr&#233;ter le texte. Plus pr&#233;cis&#233;ment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; si l'examen d&#233;monstratif conduit &#224; une connaissance &#224; propos d'un sujet qui n'est pas trait&#233; dans le texte r&#233;v&#233;l&#233;, alors il n'y a pas lieu de pousser l'analyse plus loin et de chercher une quelconque conformit&#233; ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; par contre, si le raisonnement conduit &#224; une connaissance &#224; propos d'un sujet trait&#233; dans le texte r&#233;v&#233;l&#233;, on peut se trouver face &#224; deux possibilit&#233;s : soit le r&#233;sultat de la d&#233;monstration est en accord avec la loi divine, soit il pr&#233;sente une contradiction avec cette derni&#232;re. Si la conclusion du raisonnement logique contredit le Coran, alors il faut interpr&#233;ter le texte. Autrement dit, en cas de contradiction entre les r&#233;sultats du raisonnement et la v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e dans le Coran, il faut interpr&#233;ter les &#233;nonc&#233;s du Coran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Averro&#232;s, le Coran comporte deux niveaux de lecture :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; le premier est le sens obvie. C'est le sens &#233;vident, que l'on per&#231;oit sans r&#233;flexion, imm&#233;diatement ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; le second est le sens &#233;sot&#233;rique. C'est la signification que l'on obtient par r&#233;flexion et interpr&#233;tation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si l'on interpr&#232;te correctement le Coran, les v&#233;rit&#233;s d&#233;-montr&#233;es et r&#233;v&#233;l&#233;es ne peuvent pas &#234;tre contradictoires.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Emilie Pardon&lt;br class='autobr' /&gt;
Le petit philosophe&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les courants philosophiques</title>
		<link>https://www.nedjma.org/Les-courants-philosophiques</link>
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		<dc:date>2025-10-19T15:22:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Id&#233;alisme : Il s'agit d'une doctrine philosophique qui nie l'existence du monde ext&#233;rieur, et r&#233;duit celui-ci aux repr&#233;sentations de la subjectivit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Empirisme : Doctrine selon laquelle toute connaissance d&#233;coule de l'exp&#233;rience. &lt;br class='autobr' /&gt;
Francis Bacon (1561-1626), John Locke (1632-1704) et David Hume (1711-1776) &#233;taient des philosophes empiristes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Rationalisme : Th&#233;orie qui affirme que l'esprit humain poss&#232;de des principes ou des connaissances a priori, ind&#233;pendants de l'exp&#233;rience. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Id&#233;alisme : Il s'agit d'une doctrine philosophique qui nie l'existence du monde ext&#233;rieur, et r&#233;duit celui-ci aux repr&#233;sentations de la subjectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Empirisme : Doctrine selon laquelle toute connaissance d&#233;coule de l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Francis Bacon (1561-1626), John Locke (1632-1704) et David Hume (1711-1776) &#233;taient des philosophes empiristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rationalisme : Th&#233;orie qui affirme que l'esprit humain poss&#232;de des principes ou des connaissances a priori, ind&#233;pendants de l'exp&#233;rience. Philosophie selon laquelle il existe une r&#233;alit&#233; objective (le monde) que la raison humaine peut conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Descartes, Spinoza, Leibniz ont &#233;t&#233; des rationalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Positivisme : Le principe du positivisme est de r&#233;futer &#224; l'homme tout sens m&#233;taphysique, s'attachant ainsi aux sciences objectives, &#224; la recherche de lois. Le p&#232;re du positivisme est Auguste Comte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sto&#239;cisme : Le sto&#239;cisme est &#224; la fois une th&#233;orie de l'univers et une morale. Avec les sto&#239;ciens, la philosophie prend conscience d'elle-m&#234;me comme d'un syst&#232;me, par cette tripartition de la logique, de la physique et de l'&#233;thique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Epicurisme : le bonheur r&#233;side dans le plaisir. Mais attention : Le plus grand plaisir pour Epicure, c'est la tranquillit&#233; de l'&#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ph&#233;nom&#233;nologie : Etude descriptive d'un ensemble de ph&#233;nom&#232;nes. Le terme signifie &#233;tude des &#171; ph&#233;nom&#232;nes &#187;, c'est-&#224;-dire de cela qui apparait &#224; la conscience, de cela qui est donn&#233;. Il s'agit d'explorer ce donn&#233;, &#171; la chose m&#234;me &#187; que l'on aper&#231;oit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mat&#233;rialisme : La th&#233;orie mat&#233;rialiste est une doctrine ontologique selon laquelle il n'existe pas d'autre substance que la mati&#232;re. Il rejette en g&#233;n&#233;ral l'existence de Dieu, de l'&#226;me, de l'au-del&#224;. La conscience ne serait qu'un ph&#233;nom&#232;ne second, &#224; rattacher &#224; la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Existentialisme : L'existentialisme est un courant philosophique ainsi que litt&#233;raire qui postule que l'&#234;tre humain forme l'essence de sa vie par ses propres actions,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Scepticisme : Le scepticisme est une position de refus. Refus de statuer sur l'existence des objets. Le jugement est suspendu, le doute permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cynisme : Le cynisme est avant tout une doctrine morale, qui consiste &#224; rejeter les conventions sociales et morales commun&#233;ment admises. La vie cynique doit &#234;tre fond&#233;e sur une vertu tr&#232;s asc&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Romantisme : C'est une exaltation du sentiment de la&lt;br class='autobr' /&gt;
nature. Les romantiques d&#233;crivent la nostalgie comme l'attitude authentique de la conscience&lt;br class='autobr' /&gt;
humaine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Guillaume Nicaise&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>LE TEMPS Malek Bennabi</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le temps nous d&#233;vore. Saint Augustin &lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps est un vieux fleuve qui traverse le monde. Il passe &#224; travers les cit&#233;s, alimentant leur labeur de son &#233;nergie &#233;ternelle ou ber&#231;ant leur sommeil de la complainte des heures qui passent inutiles. Il baigne &#233;galement l'aire de chaque peuple et de chaque &#234;tre du flot ininterrompu de ses 24 heures quotidiennes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais dans une aire, il devient de la ''monnaie'' et dans une autre du ''n&#233;ant''. Il passe et se jette dans l'histoire avec la valeur que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nedjma.org/-Philosophie-" rel="directory"&gt;Philosophie &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le temps nous d&#233;vore. Saint Augustin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps est un vieux fleuve qui traverse le monde. Il passe &#224; travers les cit&#233;s, alimentant leur labeur de son &#233;nergie &#233;ternelle ou ber&#231;ant leur sommeil de la complainte des heures qui passent inutiles. Il baigne &#233;galement l'aire de chaque peuple et de chaque &#234;tre du flot ininterrompu de ses 24 heures quotidiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans une aire, il devient de la ''monnaie'' et dans une autre du ''n&#233;ant''. Il passe et se jette dans l'histoire avec la valeur que lui donne le labeur accompli. Mais c'est un fleuve silencieux et parfois on l'oublie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur sommeil ou dans leur euphorie, les civilisations oublient quelquefois sa valeur irr&#233;cup&#233;rable. Cependant aux heures graves de l'histoire, le sens du temps se confond avec l'instinct de conservation quand il se r&#233;veille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ces heures de sursaut vital, on oublie ici qu'il est&#183; de la monnaie et l&#224; on estime qu'il n'est pas du ''n&#233;ant'' Alors, quand il ne s'agit plus seulement de ''s'enrichir'' ou de ''se laisser vivre'', mais de survivre, on entend soudain la fuite des heures et l'on saisit leur valeur irr&#233;cup&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces heures, l&#224; ce ne sont ni ''la richesse'', ni l'honneur, ni le malheur qui comptent, mais les heures elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle alors de l'heure travail, c'est-&#224;-dire de la seule ''monnaie''. absolue puisqu'elle est indestructible et irr&#233;cup&#233;rable. Le louis d'or, le ''Soltani '' peuvent se d&#233;truire et, &#234;tre quand m&#234;me r&#233;cup&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aucune puissance ne peut d&#233;truire une minute et quand elle est press&#233;e, ne peut la r&#233;cup&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple alg&#233;rien a, lui aussi, ses vingt-quatre heures, indestructibles et irr&#233;cup&#233;rables, tout comme les vingt-quatre heures du peuple le plus civilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quand les sir&#232;nes du matin appellent les hommes, les femmes et les enfants aux chantiers du travail d'un peuple civilis&#233;, o&#249; va le peuple alg&#233;rien ? C'est la plus tragique question : que fait le peuple alg&#233;rien de ses vingt-quatre heures ? On a bien, en Alg&#233;rie, le sens de quelque chose qui s'appelle la dur&#233;e qui se jette dans le n&#233;ant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on n'a pas encore la notion du temps qui se jette dans l'histoire. Cependant, c'est un astronome de l'Afrique du Nord, Abul-Ha&#231;an el Marrakuchi, qui a conquis cette notion, intimement li&#233;e &#224; l'essor de la science quantique de notre, &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le sens du rendement et de l'efficacit&#233;, c'est-&#224;-dire le sens de la vie actuelle qui nous fait terriblement d&#233;faut. Or, ce sens que nous n'avons pas encore acquis, c'est la notion du temps introduite dans la pens&#233;e et dans l'action, dans les id&#233;es et dans les choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie et l'histoire organis&#233;es en horaires nous ont d&#233;pass&#233;s depuis longtemps et nous d&#233;passent encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut des horaires serr&#233;s et de sacr&#233;es enjamb&#233;es pour rattraper notre retard. Il faut d&#233;terminer le coin de notre champ que doit irriguer telle heure parmi les vingt-quatre qui le traversent quotidiennement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas que notre temps s'&#233;coule en vain comme l'eau qui s'&#233;chappe d'un moulin immobile. , Sans doute, une &#233;ducation du peuple alg&#233;rien sur ce point comme sur bien d'autres points encore, est-elle n&#233;cessaire. Quels moyens p&#233;dagogiques ? Il est difficile de faire entendre la fuite silencieuse des heures &#224; un peuple qui parle &#224; tue-t&#234;te. D'ailleurs toute science a son &#233;tape exp&#233;rimentale o&#249; le t&#226;tonnement et l'essai devancent n&#233;cessairement la claire notion que d&#233;gage la raison, dans la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit fixer l'exp&#233;rience appropri&#233;e pour enseigner au peuple alg&#233;rien la science du temps. Il faudrait enseigner, par exemple, &#224; l'enfant, &#224; la femme, &#224; l'homme de ce pays la demi-heure quotidienne du devoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si chacun consacrait cette 48e partie de sa journ&#233;e &#224; l'ex&#233;cution d'une t&#226;che r&#233;guli&#232;re et efficace, il y aurait au bout de l'ann&#233;e un bilan impressionnant d'heures de travail &#224; l'actif de la vie alg&#233;rienne sous tous les aspects, intellectuel, moral, artistique, &#233;conomique, domestique ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La demi-heure du devoir fixera pratiquement la notion du temps dans l'esprit alg&#233;rien. Alors, si le temps ne passait plus inutile et paresseux dans notre champ, on y verrait lever ces moissons de l'esprit, des bras et du c&#339;ur qui sont une civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, l&#224; o&#249; le d&#233;sert mena&#231;ait, on verrait de nouveau s'&#233;panouir la vie ; l&#224; o&#249; il y avait l'ignorance et la pauvret&#233;, on verrait r&#233;gner les techniques, les arts, les sciences et la prosp&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Malek Bennabi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps ( les conditions de la renaissance )&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Alphab&#233;tisme</title>
		<link>https://www.nedjma.org/L-Alphabetisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.nedjma.org/L-Alphabetisme</guid>
		<dc:date>2025-10-18T00:58:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Malek Bennabi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Faute de cette mise au point fondamentale, l'instruction ne pouvait donner naissance qu'&#224; des monstres alphab&#232;tes clairsem&#233;s dans la masse analphab&#232;te du peuple. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous devons &#224; cette lacune ce minus-habens *, qui a tronqu&#233; l'id&#233;e de renaissance et n'a vu dans le probl&#232;me alg&#233;rien que la question de ses besoins ou de ses ambitions sans y voir la donn&#233;e capitale des habitudes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Partant, il n'a vu dans la &#8216;&#8216;culture'' que l'aspect le plus futile : une mani&#232;re pour devenir &#8216;&#8216;quelqu'un'', et au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nedjma.org/-Philosophie-" rel="directory"&gt;Philosophie &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.nedjma.org/local/cache-vignettes/L150xH84/bennabi-malek_1_-2-6bf5d.png?1778324360' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Faute de cette mise au point fondamentale, l'instruction ne pouvait donner naissance qu'&#224; des monstres alphab&#232;tes clairsem&#233;s dans la masse analphab&#232;te du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons &#224; cette lacune ce minus-habens *, qui a tronqu&#233; l'id&#233;e de renaissance et n'a vu dans le probl&#232;me alg&#233;rien que la question de ses besoins ou de ses ambitions sans y voir la donn&#233;e capitale des habitudes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant, il n'a vu dans la &#8216;&#8216;culture'' que l'aspect le plus futile : une mani&#232;re pour devenir &#8216;&#8216;quelqu'un'', et au plus une science gagne-pain. Le r&#233;sultat de cette falsification est en chair et en os, sous nos yeux : c'est l'intellectomane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a trente ans, nous connaissions un seul mal bien curable : l'ignorance, l'analphab&#233;tisme. Aujourd'hui, nous connaissons un nouveau mal plus difficile &#224; gu&#233;rir : l'intellectomanie, l'alpha-b&#234;tisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis un si&#232;cle, deux &#234;tres nouveaux ont surgi dans la soci&#233;t&#233; alg&#233;rienne : le porteur de haillons et le porteur de lambeaux scientifiques. Nous connaissons le probl&#232;me du premier, mais nous ignorons le probl&#232;me du second. Il se posait cependant depuis la zerda o&#249; tous les intellectomanes de la &#8216;&#8216;F&#233;d&#233;ration des &#233;lus'' ont tenu l'encensoir dans lequel l'Alg&#233;rie a br&#251;l&#233; ses restes de benjoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voulez-vous un autre crit&#232;re pour juger du mal nouveau ? Voici un autre alpha-b&#234;te, un docteur beaucoup plus jeune que son a&#238;n&#233;, emmenant lui-m&#234;me un enfant de huit ans &#224; la kouba d'un marabout o&#249; l'enfant se frotta consciencieusement le visage aux oripeaux qui garnissent le sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi notre m&#233;decin agissait-il de la sorte ? Parce que le cerveau de l'intellectomane ne recueille pas la science pour en faire de la &#8216;&#8216;conscience'', mais pour en faire un gagne-pain, un tremplin &#233;lectoral, une d&#233;liquescence de la fausse monnaie intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son ignorance est plus dure que l'ignorance ordinaire, parce qu'elle s'est endurcie des lettres alphab&#233;tiques. A tout instant, il peut dire &#8216;&#8216;Oui'' indiff&#233;remment comme il peut dire &#8216;&#8216;Non'' parce qu'&#224; vrai dire, tous les mots ne sont pour lui que des mots et ils sont synonymes, s'ils ont le m&#234;me nombre de lettres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son intellectomanie n'est pas pu&#233;rile seulement parce qu'elle constitue le &#8216;&#8216;zozotement'' intellectuel d'un apprenti. L'intellectomane n'est ni un apprenti, comme nous devrons l'&#234;tre tous ici, ni un savant comme on peut l'&#234;tre ailleurs o&#249; l'homme ne &#8216;&#8216;zozote'' plus. L'intellectomane zozotera toujours : c'est un infirme, c'est un mineur chronique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il doit dispara&#238;tre pour faire place &#224; l'apprenti s&#233;rieux, &#224; l'intellectuel qui sait de quoi il s'agit. Donc, le probl&#232;me de la culture se pose bien, de bas en haut de l'&#233;chelle sociale alg&#233;rienne, si toutefois on peut parler d'un &#8216;&#8216;haut'' dans un pays o&#249; nous n'avons pas encore acquis le sens de l'&#233;l&#233;vation, o&#249; ce sens lui-m&#234;me est horizontal, le sens rampant, le sens couch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord r&#233;tablir la culture sur son plan, afin que l'intellectomane se dissipe &#224; notre horizon, ainsi que d'autres mirages.Pour cela il faut la d&#233;finir comme facteur historique pour la comprendre et ensuite comme programme p&#233;dagogique pour la r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Personne d'une intelligence faible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Malek Bennabi&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ALPHABETISME ( les conditions de la renaissance )&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Le pensable, l'impensable et l'impens&#233; - Mohamed Arkoun</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En travaillant ces trois concepts inconnus de la pens&#233;e islamique autant que de la science orientaliste, je vise deux objectifs indissociables : enrichir l'histoire de la pens&#233;e en mettant en &#233;vidence les enjeux cognitifs, intellectuels, id&#233;ologiques des tensions entre les multiples &#233;coles de pens&#233;e ; dynamiser l'exercice de toute pens&#233;e critique en fixant l'attention sur les probl&#232;mes qu'elle a refoul&#233;s, les tabous qu'elle a instaur&#233;s, les fronti&#232;res qu'elle a trac&#233;es, les horizons de sens (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nedjma.org/-Philosophie-" rel="directory"&gt;Philosophie &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En travaillant ces trois concepts inconnus de la pens&#233;e islamique autant que de la science orientaliste, je vise deux objectifs indissociables : enrichir l'histoire de la pens&#233;e en mettant en &#233;vidence les enjeux cognitifs, intellectuels, id&#233;ologiques des tensions entre les multiples &#233;coles de pens&#233;e ; dynamiser l'exercice de toute pens&#233;e critique en fixant l'attention sur les probl&#232;mes qu'elle a refoul&#233;s, les tabous qu'elle a instaur&#233;s, les fronti&#232;res qu'elle a trac&#233;es, les horizons de sens qu'elle a cess&#233; ou interdit de regarder, tout cela au nom de ce qu'elle a progressivement impos&#233; comme l'unique v&#233;rit&#233; concentr&#233;e dans le credo orthodoxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e moderne s&#233;cularis&#233;e g&#233;n&#232;re aussi de l'impensable et de l'impens&#233; quand elle s'exerce dans le cadre d'une id&#233;ologie totalitaire ou de type colonial. &#192; partir du poste d'observation chronologique et &#233;pist&#233;mique que nous offre l'Itq&#257;n, on peut rep&#233;rer trois moments-tournants o&#249; vont se d&#233;placer les fronti&#232;res entre le pensable, l'impensable et l'impens&#233; &#224; propos du Coran : &#8211; Le temps de la r&#233;v&#233;lation (610-632). &#8211; Le temps de la collecte et de la fixation du Mu&#7779;&#7717;af (11-324/632-936). &#8211; Le temps des orthodoxies concurrentes (324/936 jusqu'&#224; nos jours : voir les massacres entre sh&#299;&#8216;ites et sunnites dans l'Irak de l'apr&#232;s-Saddam Hussein).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'explorer chacun de ces trois moments, il convient de rappeler ce que recouvrent les notions de pensable, impensable, impens&#233;. L'histoire de la pens&#233;e et de la litt&#233;rature arabes oscille, depuis quelques ann&#233;es, entre l'expos&#233; descriptif et lin&#233;aire sur les hommes et les &#339;uvres ou le saut (p&#233;rilleux pour beaucoup) vers les analyses structurales et s&#233;miotiques. Celles-ci restent, cependant, limit&#233;es &#224; quelques th&#232;ses ou essais influenc&#233;s par la nouvelle critique, en France notamment 8 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On continue de n&#233;gliger dans les deux cas le recours &#224; la socio-critique et &#224; la psychologie historique qui non seulement relieraient de fa&#231;on vivante la m&#233;thode descriptive et la m&#233;thode structurale, mais feraient surgir, dans une perspective sociologique et anthropologique, des continents encore insoup&#231;onn&#233;s de la r&#233;alit&#233; historique 9 . La conscience (mythique, historienne, sociale, &#233;conomique, politique, philosophique, morale, esth&#233;tique, religieuse, etc.), la raison et l'irrationnel, l'imagination et l'imaginaire, la sensibilit&#233;, le naturel et le surnaturel, le profane et le sacr&#233;, etc., ont une histoire qui n'est gu&#232;re &#233;tudi&#233;e pour elle-m&#234;me comme l'a fait Michel de Certeau dans La Fable mystique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est parce qu'il ignore jusqu'&#224; la distinction entre conscience mythique et conscience historienne, rationalit&#233; et imaginaire que le courant dominant de la pens&#233;e islamique actuelle peut lire le Coran comme si l'outillage de la raison moderne &#233;tait en tout point identique &#224; celui de la raison &#224; l'&#339;uvre dans le discours coranique et l'environnement &#233;pist&#233;mique propre au &#7716;ij&#257;z au temps du Proph&#232;te : c'est tout le sens de mon enqu&#234;te sur le merveilleux dans le Coran (chapitre VI). C'est en orientant la recherche dans cette direction qu'on peut suivre les d&#233;placements des fronti&#232;res entre conscient et inconscient, rationnel, irrationnel et imaginaire, donc entre pensable, impensable et impens&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pensable d'une communaut&#233; linguistique &#224; une &#233;poque donn&#233;e, c'est ce qu'il est possible de penser et d'expliciter &#224; l'aide de l'&#233;quipement mental et du travail de conceptualisation disponibles. Cette d&#233;finition d&#233;signe imm&#233;diatement ce qu'il n'est pas possible de penser et d'expliciter &#224; la m&#234;me &#233;poque et dans la m&#234;me aire socio-culturelle : soit en raison des limites de l'ordre cognitif et des modes d'intelligibilit&#233; propres au syst&#232;me socio-culturel en vigueur ; soit parce que l'&#233;nonciateur qui n'est pas n&#233;cessairement l'auteur &#8211; comme c'est le cas de Mu&#7717;ammad articulant la Parole de Dieu &#8211; a int&#233;gr&#233;, sous forme d'autocensure, les contraintes v&#233;hicul&#233;es par l'id&#233;ologie dominante (dans ce cas, des auteurs &#171; d&#233;viants &#187;, &#171; subversifs &#187; peuvent, &#224; leurs risques et p&#233;rils, faire valoir un impensable en transgressant le syst&#232;me socio-culturel sur&#233;valu&#233; et jalousement prot&#233;g&#233; par chaque groupe social) ; soit, enfin, parce que la tension de la pens&#233;e atteint la r&#233;gion de l'indicible et de l'opacit&#233; insondable de l'&#234;tre, comme dans le discours po&#233;tique et le discours proph&#233;tique qui conduisent vers cette r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sourate intitul&#233;e &#171; Les Po&#232;tes &#187; explicite clairement la sup&#233;riorit&#233; du pensable divin sur le pensable profane de la po&#233;sie ; ce qui s'inscrit dans la langue arabe du discours proph&#233;tique qui l'&#233;nonce &#233;largit les horizons du pensable de la langue po&#233;tique elle-m&#234;me. L'ordre de ce discours proph&#233;tique va lui-m&#234;me devoir affronter plus tard les d&#233;stabilisations du discours philosophique sous sa forme logocentriste (corpus aristot&#233;licien) et mythique (corpus platonicien et plotinien). On peut donner de nombreux exemples pour illustrer cette analyse ; on s'en tiendra ici &#224; celui du Coran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le discours social arabe avant la r&#233;v&#233;lation, tout ce qui touche au grand R&#233;cit du monoth&#233;isme tel qu'il a circul&#233; dans le Croissant fertile &#224; travers les milieux bibliques est encore dans le domaine de l'impensable ; c'est ce qui explique d'une part le caract&#232;re subversif du discours coranique pour les polyth&#233;istes autant que pour les juifs et les chr&#233;tiens, d'autre part le climat de pol&#233;mique, de contestation radicale de l'authenticit&#233; divine du message d&#233;livr&#233; par Mu&#7717;ammad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il subvertit le panth&#233;on arabe du &#7716;ij&#257;z et il ouvre des contestations majeures sur la personne de J&#233;sus et surtout l'int&#233;grit&#233; textuelle des corpus bibliques et &#233;vang&#233;liques utilis&#233;s par les &#171; peuples du Livre &#187; (Ahl al-Kit&#257;b).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On rend caduc le pensable de chaque cat&#233;gorie socio-religieuse pour y substituer une nouvelle version du grand R&#233;cit monoth&#233;iste. Cependant, le nouveau pensable &#171; islamique &#187; se heurte jusqu'&#224; nos jours &#224; la r&#233;sistance victorieuse du pensable juif et chr&#233;tien ; avec le temps, les trois versions du monoth&#233;isme s'enferment dans leurs cl&#244;tures dogmatiques respectives, g&#233;n&#233;rant des th&#233;ologies d'exclusion r&#233;ciproque du privil&#232;ge de l'&#233;lection comme destinataire de la Religion vraie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dialogues interreligieux ouverts apr&#232;s Vatican II (1965) n'ont rien chang&#233; au pensable de chaque religion vraie attach&#233;e &#224; des consciences affectives sourdes aux ouvertures cognitives prodigu&#233;es par les sciences de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Il se trouve que les consciences affectives li&#233;es aux savoirs mytho-historiques de chaque tradition sont devenues des consciences mytho-id&#233;ologiques o&#249; les conceptualisations des id&#233;ologies s&#233;culi&#232;res modernes remplacent les repr&#233;sentations na&#239;ves des r&#233;cits anciens de fondation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie est libre pour la violence syst&#233;mique vengeresse et dominatrice qui se nourrit des gravats des r&#233;cits na&#239;fs anciens m&#234;l&#233;s aux certitudes de la religion des droits de l'homme aussi illusoire que celle plus ancienne des droits de Dieu. Il y a une continuit&#233; structurelle et doctrinale entre la violence politique actuelle qui d&#233;chire les soci&#233;t&#233;s du Proche et Moyen-Orient et l'&#233;preuve de force engag&#233;e pendant une vingtaine d'ann&#233;es &#224; La Mecque et &#224; M&#233;dine entre 610 et 632.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;preuve avait deux enjeux indissociables : instaurer un nouveau mod&#232;le de gestion de la cit&#233; (al-mad&#299;na) et asseoir ce mod&#232;le sur une symbolique religieuse qui se voulait originaire et c&#233;leste, faute de reconna&#238;tre les ancrages anciens et les fonctions homologues des symboliques en place. Tout en disqualifiant celles-ci, le discours proph&#233;tique int&#232;gre dans le culte islamique les rituels anciens du panth&#233;on polyth&#233;iste, notamment pour le p&#232;lerinage &#224; La Mecque. De m&#234;me, le syst&#232;me tribal et les valeurs qui s'y rattachent r&#233;sisteront jusqu'&#224; nos jours au Mod&#232;le d'action historique promu en langue arabe. Cette promotion politique, culturelle, intellectuelle et religieuse de l'arabe va entra&#238;ner l'oubli, voire la disparition des autres langues s&#233;mitiques (l'aram&#233;en, le syriaque, l'h&#233;breu) qui ont v&#233;hicul&#233; des moments et des corpus importants du grand R&#233;cit fondateur du monoth&#233;isme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grec et le latin viendront s'ajouter &#224; ces langues pour v&#233;hiculer le r&#233;cit chr&#233;tien catholique ainsi rattach&#233; au destin historique de l'Europe devenue l'Occident. Les langues ont ainsi jou&#233; un r&#244;le d&#233;cisif dans la dispersion et les isolements des m&#233;moires collectives religieuses et des imaginaires sociaux dans le vaste espace m&#233;diterran&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours coranique insiste sur son &#233;nonciation en langue arabe claire ; cela nourrira plus tard une th&#233;ologie de la langue arabe &#233;lue par Dieu pour l'incarnation de sa Parole r&#233;v&#233;l&#233;e. En m&#234;me temps, ce m&#234;me discours refl&#232;te la configuration concr&#232;te des forces socio-politiques en pr&#233;sence : c'est une &#171; &#233;pop&#233;e narrative &#187; o&#249; la relation Sujet-Objet (de la qu&#234;te de Salut) est enti&#232;rement d&#233;pendante de la relation DestinateurDestinataire (Dieu-les hommes via Mu&#7717;ammad et les proph&#232;tes ant&#233;rieurs), le Destinateur &#233;tant &#171; l'actant qui dispose de jure d'assez de pouvoir pour imposer &#224; son vis-&#224;-vis l'homme des obligations qu'il a d&#233;cid&#233; de lui voir ex&#233;cuter &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les termes qui disqualifient l'Opposant de la qu&#234;te (infid&#232;les) dans les &#233;nonc&#233;s d'&#233;tat ou descriptifs ne prennent toute leur valeur n&#233;gative que parce qu'ils d&#233;pendent des &#233;nonc&#233;s du faire, c'est-&#224;-dire des &#171; modalit&#233;s surd&#233;terminantes telles que le pouvoir, le devoir, le savoir, le vouloir 10 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la construction narrative et discursive des &#233;nonc&#233;s coraniques est simultan&#233;ment li&#233;e &#224; la vie quotidienne des &#171; fid&#232;les &#187; (actants Destinataires-Sujets-Adjuvants), &#224; leur action historique victorieuse contre les &#171; infid&#232;les &#187; (Opposants) et &#224; l'organisation de l'imaginaire des &#171; peuples du Livre &#187; (Ahl al-Kit&#257;b). Ici, la narrativit&#233; ne se contente pas de manipuler des personnages &#171; merveilleux &#187;, des situations dramatiques, des mises en sc&#232;ne mythiques &#224; des fins ludiques, esth&#233;tiques ou r&#233;capitulatives ; elle est g&#233;n&#233;r&#233;e par une histoire concr&#232;te en m&#234;me temps qu'elle g&#233;n&#232;re une nouvelle axiologie th&#233;ologico-politique pour une autre histoire concr&#232;te ; elle signale les manques et les insuffisances de l'histoire ant&#233;rieure, exalte la fonction &#233;ducative des proph&#232;tes en relation avec leurs peuples, elle d&#233;finit les cadres, les moyens, les horizons d'un pensable revendiqu&#233; comme mieux ancr&#233; dans la Transcendance du Vrai Dieu All&#257;h.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mohamed Arkoun&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>De l'entassement &#224; la construction</title>
		<link>https://www.nedjma.org/De-l-entassement-a-la-construction</link>
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		<dc:creator>Malek Bennabi</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le monde musulman est demeur&#233; longtemps en marge de l &#8216;histoire, &#233;voluant sans but ou, &#224; l'image du malade impuissant, r&#233;sign&#233; face &#224; la maladie, perdit le sentiment de la douleur, devenue une partie de lui-m&#234;me. Juste avant l'av&#232;nement du XXe si&#232;cle, il entendit quelqu'un lui rappeler sa maladie et un autre lui &#233;voquer la sollicitude divine parvenue jusqu'&#224; son oreiller. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'a pas tard&#233; &#224; se r&#233;veiller de son profond sommeil et sentir l'effet de la douleur. Avec ce r&#233;veil apathique, une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nedjma.org/-Philosophie-" rel="directory"&gt;Philosophie &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.nedjma.org/local/cache-vignettes/L150xH84/bennabi-malek_1_-580ee.png?1778324360' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le monde musulman est demeur&#233; longtemps en marge de l &#8216;histoire, &#233;voluant sans but ou, &#224; l'image du malade impuissant, r&#233;sign&#233; face &#224; la maladie, perdit le sentiment de la douleur, devenue une partie de lui-m&#234;me. Juste avant l'av&#232;nement du XXe si&#232;cle, il entendit quelqu'un lui rappeler sa maladie et un autre lui &#233;voquer la sollicitude divine parvenue jusqu'&#224; son oreiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'a pas tard&#233; &#224; se r&#233;veiller de son profond sommeil et sentir l'effet de la douleur. Avec ce r&#233;veil apathique, une nouvelle &#232;re commen&#231;a pour le monde musulman, une &#232;re appel&#233;e Renaissance. Mais que signifie ce r&#233;veil ? Il est n&#233;cessaire de garder &#224; l'esprit la &#8221;maladie&#8221; dans son acception m&#233;dicale pour qu'on ait une id&#233;e juste sur le cas. &#201;voquer une maladie ou l'&#233;prouver ne veut pas dire, en toute &#233;vidence, &#8221;rem&#232;de&#8221;. Le point de d&#233;part, ce sont les cinquante derni&#232;res ann&#233;es*. Elles nous expliquent la situation pr&#233;sente dans laquelle &#233;volue le Monde musulman, une situation qui peut &#234;tre interpr&#233;t&#233;e de deux fa&#231;ons antinomiques. D'une part, le r&#233;sultat probant des efforts fournis tout au long d'un demi-si&#232;cle au service de la Renaissance. De l'autre, le r&#233;sultat d&#233;cevant d'une &#233;volution qui a pris toute cette &#233;poque, alors que les jugements ne se sont &#183;gu&#232;re accord&#233;s pour d&#233;finir ses objectifs et ses tendances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible d'examiner les annales de cette &#233;tape. Elle est fournie en documents, &#233;tudes, articles de presse et congr&#232;s sur le th&#232;me de la Renaissance. Ces &#233;tudes se penchent sur le colonialisme et l'analphab&#233;tisme par-ci, la pauvret&#233; et le d&#233;nuement par-l&#224;, l'absence de l'organisation et des d&#233;s&#233;quilibres de l'&#233;conomie et de la politique, en d'autres occasions. Une analyse m&#233;thodique du &#8221;cas&#8221; lui fait, cependant, d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parle ici d'une &#233;tude pathologique de la soci&#233;t&#233; musulmane et qui ne laisse pas de place au doute sur la maladie qui la ronge depuis des si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous notons dans les documents que chaque r&#233;formateur d&#233;crit la situation suivant une opinion, une humeur ou une profession. De l'avis de l'homme politique, comme celui de Djamal Eddine Elafghani, le probl&#232;me est d'ordre politique et se r&#232;gle par des moyens politiques, alors que, de l'avis d'un religieux comme Cheikh Mohamed Abduh, le probl&#232;me ne sera r&#233;solu qu'en r&#233;formant le dogme et le pr&#234;che &#8230; Alors qu'en fait, ces deux diagnostics n'abordent pas la maladie, mais attaquent ses sympt&#244;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulte que, depuis cinquante ans, ils ne soignent pas le mal mais les sympt&#244;mes. Le r&#233;sultat &#233;tait proche de celui d'un m&#233;decin qui, faisant face au cas d'un patient atteint de tuberculose, s'attaque non pas aux agents pathog&#232;nes chez le patient, mais &#224; sa fi&#232;vre. Voil&#224; cinquante ans que le malade, lui-m&#234;me, veut se remettre de nombreuses douleurs : colonialisme, analphab&#233;tisme, apathie &#8230; Il ne conna&#238;t pas la nature de sa maladie et n'essaye pas de la conna&#238;tre. Tout ce qu'il y a, c'est qu'il sent des douleurs, accourt chez le pharmacien, n'importe quel pharmacien, pour acqu&#233;rir des milliers de rem&#232;des afin de calmer des milliers de douleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, il n'y a que deux voies pour mettre fin &#224; ce cas pathologique : mettre fin &#224; la maladie ou en finir avec le malade. Il nous revient de nous demander, &#224; cet instant, si le malade qui est entr&#233; &#224; la pharmacie conna&#238;t exactement sa maladie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Malek Bennabi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Les conditions de la renaissance&lt;br class='autobr' /&gt;
Malek Bennabi&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Islam et d&#233;mocratie</title>
		<link>https://www.nedjma.org/Islam-et-democratie</link>
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		<dc:creator>Nedjma Institute</dc:creator>



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&lt;p&gt;Une nouvelle reconfiguration id&#233;ologique se dessine entre les deux guerres. L'id&#233;e d'un monde musulman unifi&#233; au moins en principe est de plus en plus mise &#224; mal apr&#232;s l'abolition du califat. Les mouvements de lib&#233;ration structurent de plus en plus la vie publique et politique &#224; partir de cadres, de paradigmes coloniaux et aussi &#224; partir des d&#233;coupages territoriaux qui leur sont li&#233;s. Les nationalismes d'inspiration lib&#233;rale ou marxisante sont en expansion. Ceux d'inspiration lib&#233;rale sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nedjma.org/-Philosophie-" rel="directory"&gt;Philosophie &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une nouvelle reconfiguration id&#233;ologique se dessine entre les deux guerres. L'id&#233;e d'un monde musulman unifi&#233; au moins en principe est de plus en plus mise &#224; mal apr&#232;s l'abolition du califat. Les mouvements de lib&#233;ration structurent de plus en plus la vie publique et politique &#224; partir de cadres, de paradigmes coloniaux et aussi &#224; partir des d&#233;coupages territoriaux qui leur sont li&#233;s. Les nationalismes d'inspiration lib&#233;rale ou marxisante sont en expansion. Ceux d'inspiration lib&#233;rale sont de plus en plus adeptes de la figure du despote &#233;clair&#233;, notamment en raison du triomphe du k&#233;malisme. Les seconds sont naturellement enclins &#224; reprendre &#224; leur compte la critique communiste de la d&#233;mocratie lib&#233;rale. Mais l'opposition anti-lib&#233;rale se fait entendre &#224; grande &#233;chelle, essentiellement au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. La d&#233;mocratie lib&#233;rale est de plus en plus pr&#233;sent&#233;e dans le discours de mouvements de lib&#233;ration comme un simple argument de propagande imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la critique la moins pr&#233;visible et la plus v&#233;h&#233;mente du lib&#233;ralisme vient de Sayyid Qutb 56. &#201;voluant auparavant dans les milieux litt&#233;raires lib&#233;raux du Caire, il se rallie aux Fr&#232;res musulmans au milieu des ann&#233;es 1950. Sur la question de la d&#233;mocratie, il reprend en principe les m&#234;mes id&#233;es n&#233;o-r&#233;formistes : respect de la libert&#233; de conscience et de la volont&#233; de la nation, le peuple doit disposer de l'autorit&#233; de d&#233;signer ses gouvernants selon des modalit&#233;s qui peuvent varier d'une &#233;poque &#224; l'autre et d'une soci&#233;t&#233; &#224; l'autre, etc. Cependant, Qutb op&#232;re une distinction radicale entre la souverainet&#233; en tant que telle et la l&#233;gitimit&#233; de d&#233;signer son gouvernement. La l&#233;gitimit&#233; a pour lui un caract&#232;re proc&#233;dural et pratique. Elle correspond au droit &#171; positif &#187; de d&#233;signer ses gouvernants. Reprenant l'id&#233;e de la souverainet&#233; divine telle que d&#233;velopp&#233;e par Ab&#251; al-&#8216;Al&#226; al-Mawd&#251;d&#238; 57, Qutb entend par souverainet&#233; ce qu'il consid&#232;re comme l'autorit&#233; intangible dont &#233;mane la norme. Au-del&#224; de son inscription dans un corpus concret ou historique, la norme s'origine dans le transcendant, dans le R&#233;v&#233;l&#233;. Elle est ontologiquement divine, et c'est ce qui lui donne son caract&#232;re objectif 58. Dans son principe m&#234;me, la norme ne peut &#234;tre simplement une question d'opinion majoritaire ou de subjectivit&#233;s individuelles erratiques 59. Pour lui, la sh&#251;r&#226; ou la d&#233;mocratie pr&#233;suppose en derni&#232;re analyse un certain rapport &#224; la transcendance : &#171; C'est que Dieu y tient, &#224; cette sh&#251;r&#226;, autant qu'&#224; la prohibition du rib&#226;. Elle est une inspiration, une pratique de tous les secteurs de la vie sociale, pas seulement du r&#233;gime politique 60. &#187; La sh&#251;r&#226; ou la d&#233;lib&#233;ration collective a donc pour mission d'impr&#233;gner l'ensemble des normes. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...] Qutb entend amputer les Fr&#232;res musulmans de leurs racines n&#233;o-r&#233;formistes : &#171; Cette &#233;cole, dit-il, est dans son ensemble sous l'influence des m&#233;thodes de pens&#233;e et des id&#233;es &#233;trang&#232;res &#224; la m&#233;thode de la pens&#233;e islamique pure 72. &#187; Al-Afgh&#226;n&#238;, &#8216;Abd&#251; et leur mouvance sont pour lui clairement victimes de cette influence qui les conduit &#171; &#224; admirer les auteurs europ&#233;ens anticl&#233;ricaux et &#224; les qualifier de libres penseurs73 &#187;. De la m&#234;me mani&#232;re, il prend &#224; partie les auteurs qui, dit-il, &#171; affectionnent d'&#233;crire sur la d&#233;mocratie et la libert&#233; occidentales74 &#187;. En se rapprochant des Fr&#232;res musulmans, Qutb ne peut se satisfaire de leur vision n&#233;o-r&#233;formiste pour laquelle la d&#233;mocratie parlementaire est une voie acceptable pour la r&#233;alisation de la sh&#251;r&#226; islamique. Si, en la mati&#232;re, les Fr&#232;res musulmans sont h&#233;ritiers de la vision d'al-Afgh&#226;n&#238; et de &#8216;Abd&#251;, il faut, aux yeux de Qutb, commencer par une critique syst&#233;matique du paradigme r&#233;formiste lui-m&#234;me. Les r&#233;formistes et n&#233;o-r&#233;formistes sont d&#233;crits comme victimes d'une fausse vision de l'Europe : &#171; ils appelaient &#224; adopter les bonnes id&#233;es et pratiques 75 &#187; que l'on peut trouver chez celle-ci. C'est d'ailleurs, affirme Qutb, le colonisateur lui- m&#234;me &#8211; en la personne 1st Earl of Cromer 76 &#8211; qui soutenait cette d&#233;marche. &#171; Il y a besoin d'une vision plus profonde et plus large, d'une ind&#233;pendance et d'une autosuffisance de la m&#233;thode islamique 77. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue de l'&#233;volution id&#233;ologique globale, les th&#232;ses de Qutb imposeront aux Fr&#232;res musulmans et aux mouvements qui en sont issus un d&#233;bat interne qui demeurera toujours difficile &#224; trancher. Qu'est-ce qui incarnerait v&#233;ritablement la position du mouvement sur la question de l'&#201;tat et de la d&#233;mocratie ? Les ann&#233;es de prison nass&#233;riennes de Qutb ainsi que son ex&#233;cution n'ont en tout cas pas &#233;t&#233; pour rien dans l'&#233;cho que ses th&#232;ses rencontreront aupr&#232;s du &#171; jih&#226;disme radical &#187;. Celui-ci sera travaill&#233; par de tr&#232;s nombreux facteurs suppl&#233;mentaires. Le radicalisme r&#233;volutionnaire de Sayyid Qutb y conna&#238;tra des formes de fusion inattendues 78 avec des influences d'ordre multiple, notamment puritanistes d'inspiration n&#233;o- wahh&#226;bite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la guerre froide, l'&#233;volution g&#233;opolitique dans les pays &#224; majorit&#233; musulmane a globalement &#233;t&#233; favorable &#224; diff&#233;rentes figures de l'autoritarisme. La probl&#233;matique politique devient celle de l'&#201;tat et des reconfigurations &#233;tatiques n&#233;s du d&#233;coupage colonial. Les &#201;tats postcoloniaux apparaissent d'abord comme la traduction d'un ordre exog&#232;ne, porteur d'une contradiction constitutive entre la soci&#233;t&#233; et l'&#201;tat79. Celui-ci peine &#224; s'imposer autrement que par la violence polici&#232;re. Ce fut particuli&#232;rement le cas en Afrique subsaharienne et dans le monde arabe. Pour ce dernier, une nouvelle phase d'autoritarisme postcolonial s'amorce spectaculairement d&#232;s la fin des ann&#233;es 1960. D'une part, il y a, au lendemain de la guerre des Six- Jours, l'arriv&#233;e au pouvoir et l'installation durable dans plusieurs pays de r&#233;gimes autocratiques se revendiquant du socialisme arabe, parfois qualifi&#233;s de semi-staliniens ; d'autre part, la transmutation p&#233;troli&#232;re donne aux monarchies ultraconservatrices et proam&#233;ricaines du Golfe une influence politique croissante.[...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...] En r&#233;action manifeste &#224; l'autoritarisme triomphant, on observe depuis les ann&#233;es 1970 un regain d'int&#233;r&#234;t aussi bien pour les sources normatives religieuses de l'islam que pour les litt&#233;ratures politiques classiques. Un certain nombre de textes tels que la charte de M&#233;dine (Sah&#238;fa/Constitution m&#233;dinoise), les d&#233;lib&#233;rations de la Saq&#238;fa, etc., sont remobilis&#233;s pour donner une l&#233;gitimit&#233; proprement religieuse &#224; la n&#233;cessit&#233; de la mise en place d'institutions d&#233;mocratiques. S'agit-il de refonder le concept de la d&#233;mocratie &#224; partir de sources religieuses et profanes islamiques ou de s'inscrire simplement dans une logique de surench&#232;re politique apolog&#233;tique face &#224; l'autoritarisme dominant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; gauche islamique 85 &#187; incarne &#224; bien des &#233;gards cette nouvelle tendance. Pour l'universitaire Hassan Hanaf&#238;86, il faut passer d'une foi th&#233;ologale &#224; une foi pratique permettant &#171; &#224; la majorit&#233; opprim&#233;e de r&#233;interpr&#233;ter le Texte en sa faveur pour d&#233;sarmer la minorit&#233; dominante 87 &#187;. Dans ses deux ouvrages, Min al-&#8216;aq&#238;d&#226; il&#226; al-thawra (&#171; Du dogme &#224; la r&#233;volution &#187;) et Al-yam&#238;n wa l-yas&#226;r f&#238; l-fikr al-d&#238;n&#238; (&#171; La droite et la gauche dans la pens&#233;e religieuse &#187;), il passe en revue le corpus th&#233;ologique traditionnel dans toute sa diversit&#233;, pour mettre en cause ce qu'il consid&#232;re comme son enfermement dans des cat&#233;gories herm&#233;neutiques sp&#233;culatives. L'arri&#232;re-plan marxisant transpara&#238;t bien entendu dans l'id&#233;e qu'il faut remplacer cette pr&#233;occupation interpr&#233;tative par le souci de la transformation r&#233;volutionnaire des soci&#233;t&#233;s musulmanes. Pour Hanaf&#238;, la question des libert&#233;s rel&#232;ve de la question plus g&#233;n&#233;rale de la lib&#233;ration. Il renoue ainsi avec le concept classique de la double &#233;mancipation, contre &#171; la r&#233;action locale et contre le capitalisme imp&#233;rial &#187;, ch&#232;re au communisme et aux nationalismes arabes ou tiers-mondistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;56. Sayyid Qutb (m. 1966) est un essayiste et critique litt&#233;raire. Il rejoint les Fr&#232;res musulmans au milieu des ann&#233;es 1950 et devient le th&#233;oricien de leur aile radicale.&lt;br class='autobr' /&gt;
57. Ab&#251; al-&#8216;Al&#226; al-Mawd&#251;d&#238; (m. 1979) est le fondateur du parti pakistanais Jamaat-e-Islami. &lt;br class='autobr' /&gt;
58. Sayyid Qutb, Ma&#8216;&#226;lim f&#238; al-tar&#238;q, D&#226;r al-shur&#251;q, Le Caire, 1979, p. 97-98.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;75. Ibid.&lt;br class='autobr' /&gt;
76. 1st Earl of Cromer (m. 1917) a &#233;t&#233; le consul g&#233;n&#233;ral britannique en &#201;gypte apr&#232;s la conqu&#234;te de celle-ci en 1882 par la Grande-Bretagne.&lt;br class='autobr' /&gt;
77. Ibrahim N&#251;r, op. cit., p. 22.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'ESTHETIQUE de Malek Bennabi</title>
		<link>https://www.nedjma.org/L-ESTHETIQUE-de-Malek-Bennabi</link>
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		<dc:creator>Malek Bennabi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Une laideur ne peut inspirer de belles, ni de grandes id&#233;es. Le laid ne peut qu'engendrer de laides id&#233;es, et partant, de laides actions, de laids comporte1nents. Aussi, tous les grands moralistes, comme Ghazali, n'ont jamais manqu&#233; de pose1&#183; le probl&#232;me de l'esth&#233;tique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Leur pens&#233;e peut se r&#233;sumer ainsi : on ne peut concevoir le bien sans le beau. On pourrait la traduire en langage sociologique : les id&#233;es sont naturellement le canevas subjectif des actions. Mais les id&#233;es sont li&#233;es &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.nedjma.org/-Philosophie-" rel="directory"&gt;Philosophie &lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une laideur ne peut inspirer de belles, ni de grandes id&#233;es. Le laid ne peut qu'engendrer de laides id&#233;es, et partant, de laides actions, de laids comporte1nents. Aussi, tous les grands moralistes, comme Ghazali, n'ont jamais manqu&#233; de pose1&#183; le probl&#232;me de l'esth&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur pens&#233;e peut se r&#233;sumer ainsi : on ne peut concevoir le bien sans le beau. On pourrait la traduire en langage sociologique : les id&#233;es sont naturellement le canevas subjectif des actions. Mais les id&#233;es sont li&#233;es &#224; des g&#233;n&#233;rateurs concrets, &#224; une ambiance faite de couleurs, de formes, de mouvements, de sons, de visages. En fait, il s'agit bien d'une esth&#233;tique quand on consid&#232;re la source des id&#233;es, donc des actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me l'activit&#233; la plus insignifiante est li&#233;e &#224; une certaine esth&#233;tique, car il y a la belle mani&#232;re de penser et d'agir et m&#234;me de faire la politique ou de porter seulernent un paquet. Il manque en Alg&#233;rie pr&#233;cis&#233;ment le sens esth&#233;tique, et ce sens nous fait terriblement d&#233;faut, car il r&#233;soudrait d&#233;j&#224; pas mal de petits probl&#232;mes qui comrnandent tout le probl&#232;me de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple : passons devant un de ces petits &#234;tres couverts de haillons qui mendie dans les rues &#8230; Ses deux bras et son cerveau font partie du moteur qu'il s'agit de mettre en marche. Par cons&#233;quent, son cas nous int&#233;resse : son spectacle est laid. Et dix discours politiques n'y peuvent rien changer. Cet enfant est le t&#233;moignage vivant non pas de notre pauvret&#233;, mais de notre ignorance des choses esth&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous faisons appel au simple sens esth&#233;tique. Consid&#233;rons de pr&#232;s les haillons de cet enfant : comme &#8221;haillons&#8221; ils sont laids. Ils sont plus que laids, ils sont mortels, moralement et physiquement. Ce n'est pas seulement une gaine de salet&#233; qu'il porte, le pauvre enfant, mais une prison de son &#226;me. Moralement, s'il sauve &#224; peine sa pudeur, il tue plus s&#251;rement sa dignit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il y a une justice plastique qui veut que l'habit fasse le moine. Cette loi a bien &#233;t&#233; comprise du k&#233;malisme, qui par le chapeau, a boulevers&#233; davantage la psychologie que la mode. Physiquement, les haillons crasseux, presque min&#233;ralis&#233;s, ne sont m&#234;me pas une protection efficace contre les rigueurs du climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, ils sont le r&#233;ceptacle et le v&#233;hicule de tous les ge1&#183;1nes pathog&#232;nes. Ensuite, ils n'apitoient pas la sensibilit&#233; humaine ; par leur odeur et leur aspect polychrome, ils choquent cette sensibilit&#233;. L'esth&#233;tique r&#233;sume tout cela en un mot : c'est laid. Mais, en m&#234;me temps, elle sugg&#232;re un rem&#232;de de fortune. Bien s&#251;r, vous ne pouvez pas habiller ce malheureux. Toutefois, vous pouvez rem&#233;dier &#224; sa laideur, et du m&#234;me coup vous auriez cr&#233;&#233; un homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, prenez cet enfant, emmenez-le &#224; une fontaine, &#244;tezlui tous ses haillons, dont vous ne conserverez qu'une seule pi&#232;ce, d'une seule couleur que vous lui ferez laver. Faites-lui remettre cette pi&#232;ce lav&#233;e en guise de pagne, apr&#232;s sa propre toilette des pieds &#224; la t&#234;te. Conduisez-le chez un barbier pour lui raser le cr&#226;ne. Dites-lui maintenant qu'il rel&#232;ve la t&#234;te, qu'il bombe le torse et qu'il marche vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissez-le partir maintenant, ce n'est plus &#8221;un tas de crasse&#8221;, mais un pauvre enfant que vous retrouverez plus loin sur vos pas. Il n'erre plus, il marche. L'esth&#233;tique, c'est tout le probl&#232;me de notre musique ennuyeuse comme un b&#226;illement, c'est tout le probl&#232;me de l'art, de la mode vestimentaire, de nos usages, c'est une mani&#232;re de faire un geste plus ou moins &#233;l&#233;gant ou gracieux de balayer devant notre porte, de peigner nos enfants, de cirer nos chaussures, quand on en a, de marcher sans indolence comme le recommande le Coran. &#8216; Toute l'ambiance d'une civilisation : c'est l&#224; le probl&#232;me de l'esth&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait que dans nos rues, dans nos caf&#233;s, on trouve la m&#234;me note esth&#233;tique qu'un metteur en sc&#232;ne doit mettre dans un tableau de cin&#233;ma ou de th&#233;&#226;tre. Il faudrait que la moindre dissonance de son, d'odeur ou de couleur, nous choque comme on peut &#234;tre choqu&#233; devant une sc&#232;ne th&#233;&#226;trale mal agenc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'esth&#233;tique, c'est &#8221;la face&#8221;, d'un pays dans le monde. Il faut sauver notre face pour sauver notre dignit&#233; et imposer notre respect au prochain &#224; qui nous devons nous-m&#234;mes le respect.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Malek Bennabi&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Morale et r&#233;volution</title>
		<link>https://www.nedjma.org/Morale-et-revolution</link>
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		<dc:date>2025-09-26T10:33:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Malek Bennabi</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le titre &#8220;politique et &#233;thique&#8221; conviendrait mieux ici. Mais je l'ai d&#233;j&#224; utilis&#233; ailleurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; cause de sa rigidit&#233; sur le principe moral, on accuse parfois Fidel Castro, dans la presse qui se r&#233;f&#232;re &#224; une certaine tradition de droite ou de gauche, d'improviser dans sa politique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait est qu'il bouleverse toutes les normes et les traditions &lt;br class='autobr' /&gt;
Il jette en effet les id&#233;es acquises des uns et des autres, toute leur paperasse, au panier. Sa mani&#232;re ressemble &#224; de l'improvisation. Elle met (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.nedjma.org/local/cache-vignettes/L150xH150/m-bennabi-ra-0e0c9.png?1778324360' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#128274; Article Premium&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le titre &#8220;politique et &#233;thique&#8221; conviendrait mieux ici. Mais je l'ai d&#233;j&#224; utilis&#233; ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cause de sa rigidit&#233; sur le principe moral, on accuse parfois Fidel Castro, dans la presse qui se r&#233;f&#232;re &#224; une certaine tradition de droite ou de gauche, d'improviser dans sa politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est qu'il bouleverse toutes les normes et les traditions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il jette en effet les id&#233;es acquises des uns et des autres, toute leur paperasse, au panier. Sa mani&#232;re ressemble &#224; de l'improvisation. Elle met en &#233;moi surtout les &#233;conomistes et les planificateurs d'Occident, comme ceux des D&#233;mocraties orientales. Il en veut m&#234;me particuli&#232;rement &#224; ces derniers, surtout les Tch&#232;ques et les Sovi&#233;tiques, auxquels il attribue certains &#233;checs de son pays en mati&#232;re de planification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Castro ne dispose encore pas du lourd appareil &#224; planifier &#8212; la statistique, l'ordinateur, le technocrate &#8212; qui rend la production en chaine possible et presque infaillible dans les pays industriels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jeune pays ne peut pas se permettre une telle profusion de chiffres un tel luxe d'appareils pour atteindre, du premier pas, &#224; la pr&#233;cision, &#224; l'infaillibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union Sovi&#233;tique, elle-m&#234;me, est pass&#233;e par l&#224;. Dans son premier plan quinquennal (1928-32) pr&#232;s de 40 % &#8212;sinon 50 % -de sa production m&#233;canique ou c&#233;ramique allaient au rebut ou &#224; la refonte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle n'avait pas peur de faire son apprentissage industriel &#224; ce prix, comme la Sainte Russie nagu&#232;re avait fait, sous Pierre 1er, l'apprentissage de la marine et de la guerre moderne. M&#234;me les Boyards mirent leurs barbes &#8220;&#224; l'europ&#233;enne&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cuba n'a donc pas de quoi rougir en l'occurrence. Et si Castro improvise, il faut reconna&#238;tre qu'il improvise bien, quand on voit assez r&#233;cemment surgir de sa main, en l'espace d'un mois et demi, un village (&#233;cole , et dispensaire compris) &#224; l'endroit de quelque bidonville qu'on lui avait signal&#233;. Si le cas de Cuba para&#238;t &#233;trange &#224; quelques observateurs, c'est surtout parce que le XX&#232;me si&#232;cle a polaris&#233; ses id&#233;es autour de deux systemes : le capitalisme et le marxisme. On s'inspire de ceci ou de cela dans le domaine &#233;conomique, p&#233;dagogique ou m&#234;me politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, tout en se r&#233;clamant hautement du marxisme, Castro a innov&#233; dans tous ces domaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se lib&#233;rant de toutiformalisme, de tout dogmatisme, il s'est plac&#233; un peu en marge de toute &#8216;'orthodoxie&#8221;, celle de Moscou, comme celle de P&#233;kin. |&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son inorthodoxie n'&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Malek Bennabi &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volution Africaine du 13 Mars 1968&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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